NOMBREUX, SALES ET MECHANTS

Publié le par TINA + OLIVIER

Ah!, la Chine... Une culture ancestrale, plusieurs fois millenaire, un pays intimidant, mythique. Voila notre etat d'esprit, pas vraiment original, quand nous atterrissons a KUNMING, capitale du YUNNAN.
Pourquoi le Yunnan ? Parce que nous craignons de decouvrir une Chine orientale urbanisee et ultra-moderne, suivant le modele de Shangai, Canton ou Shenzen. Nous preferons donc une Chine a priori plus verte, plus sauvage, plus depaysante, a l'extreme ouest du pays, limitrophe du Tibet.

KUNMING


Un beau village betonne de 4 millions d'habitants, des avenues rectilignes, des buildings immenses, une circulation automobile digne du periph' parigot. Tout de suite, une question s'impose a nos poumons : Kunming est-elle plus polluee que Bangkok ? Des brides partout, qui courent dans tous les sens, des milliers de velos, des millions de voitures, des milliards de chinois qui crachent partout... Crachent ? Non, pas vraiment.
Le chinois (et la chinoise), tous ages confondus, se racle bruyamment et longuement la gorge pour ramener d'outre-bide vers sa bouche, l'equivalent (en volume et en aspect) d'une petite meduse echouee sur la cote landaise (les connaisseurs des cotes du sud-ouest apprecieront). S'ensuit la projection de ladite meduse a une distance de quelques metres. Mieux vaut ne pas se trouver sur la trajectoire... Ce raclement gastrique suivi de la projection de glaviots grisatres, nous l'avons entendu des milliers de fois de Kunming a Dali, en passant par Lijiang... Partout. Difficile de s'y habituer en tant qu'occidental, d'autant plus que cet aspect de la culture (de miasmes) chinoise est present partout, y compris dans les endroits fermes (gares, aeroports, magasins, restaurants, etc...). Ainsi, le chinois d'interieur utilisera tout ce qu'il trouve a sa disposition pour deposer son glaviot : cendriers, pots de fleurs (je ne voudrais pas etre une plante verte en Chine), verres en plastique, etc...
Parfaitement degueulasse. C'est la que la loi singapourienne (qui punit lourdement le crachat), qui peut apparaitre inique et liberticide au premier abord, prend tout son sens quand on sait que les 3/4 des habitants sont d'origine chinoise. Nous applaudissons des 2 mains.

Si l'homicide volontaire a la tuberculose fait partie de la culture chinoise, le bar ou le cafe en est totalement absent. Ici, pas de lieu de rencontre autour d'un cafe ou d'une Dali. Le chinois sort en revanche au restaurant... et mange des choses qui bougent dans l'assiette en gueulant comme un veau. Cela dit, parfois, ce qu'il mange ne bouge pas dans l'assiette, mais il gueule quand meme. Et dans les deux cas, la bouffe est parfaitement degueulasse.
Le chinois (et la chinoise) ne parle pas; il aboie. Que son interlocuteur soit a 1 metre de lui, il lui aboiera dans la tronche comme s'il etait a 500m, et ponctuera son propos par...? Une mini-meduse nicotinee (le chinois fume beaucoup).
Le chinois bouffe des nouilles. Difficile de rater des nouilles; et pourtant le restaurateur chinois peut servir un plat de nouillasses gluantes, noyees dans une gelee chaude transparente. Le retour de la meduse...
Enfin, le chinois n'est pas sympa avec l'etranger non-bride et tente assez systematiquement de lui soutirer le maximum de yuans.

En un mot, la Chine nous apparait radicalement differente de l'Asie du sud-est.

Le centre-ville de Kunming est un immense shopping mall; sur la place centrale trone un superbe Carrefour. Les locaux se baladent et achetent des telephones portables, les filles refont leur garde-robe avec des fringues incroyablement laides. Dans les banlieues, des usines projettent des fumees multicolores dans le ciel uniformement gris.
De cul-terreux il y a peine 10 ans, le local est devenu un bouseux de la consommation de masse. Quel talent ces chinois! : ils ont en 15 ans ce qui nous a pris pres d'un demi-siecle.

Lances a corps et esprit perdus dans une societe ultra-individualiste, c'est le ''moi d'abord'' qui domine : a pied, a velo, en voiture, les chinois s'engueulent, parfois violemment. Et, forcement, les chinois travaillent beaucoup... Heureusement, les chinois ont decouvert... le tourisme de masse.

SHILIN


Pour oublier la ville, nous partons en bus pour la fameuse ''foret de pierre'' de Shilin, un must du sino-tourisme. En fait quelques rochers verticaux eparpilles dans une foret de pins... et de chinois. Des centaines de bus ont deverse des milliers de groupes de touristes chinois dans ce qui est devenu un Marne-la-vallee chinois. Chaque groupe suit le chef guide, arme d'un drapeau de couleur specifique. Nous manquons d'etre pietines, nous evitons tant bien que mal les glaviots projetes.

DALI - LIJIANG

 Nous voulons decouvrir une vraie ville historique, temoin d'une culture ancestrale...bla-bla-bla. Direction Dali et Lijiang, joyaux plusieurs fois centenaires, proches de la frontiere tibetaine. Distants de presque 500km, je les regroupe toutefois car ils nous apparu quasi-identiques.

Perdus au milieu d'une jungle urbaine betonne, ces temoins d'un autre age existent vraiment. Ils ont ete transformes par nos neo-touristes de masse en parcs d'attraction pour citadins en quete d'authenticite. Ici, se succedent des centaines de boutiques vendant des couillonnades de pacotille, et des centaines d'hotels et de restaurants. Une sorte de Mont-St-Michel le 15 aout, sans la mer ni le Mont (ni les biscuits de la Mere Poulard remplaces par des nouillasses seches ou grasses, baptisees dans le coin ''les nouilles qui traversent le pont'').
Reste le lac de DALI : partie occidentale urbaine et industrielle, partie orientale parsemee de bleds de paysans plutot moches.

Seule satisfaction : nous perdons du poids grace a la bouffe locale. Nous nous habituons a bouffer moins, d'autant plus que les chiottes chinoises sont les plus crades du monde, parfaitement innommables.

Nous decidons de couper court a ces sino-deceptions et gagnons HONG-KONG avec deux semaines d'avance.

 

Publié dans CHINE

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