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Publié le par TINA + OLIVIER


Nous quittons la Malaisie demain 10 juillet, soit 2 semaines avant la date prévue. 2 semaines au lieu de 4 : trop ? trop peu ? Ne devrions-nous pas donner une seconde chance à la Malaisie ? Avancer ainsi notre départ répond peut-être plus à une impulsion qu'à une décision réfléchie, objective. Qu'en est-il vraiment ? Le doute m'envahit...
Soyons factuels et revoyons le film de ces deux dernières semaines malaisiennes.


COTE ORIENTALE : PERHENTIAN ISLANDS

Arrivée sur le ponton d'embarquement vers ces îles supposément paradisiaques et préservées, après 14 heures de train depuis Singapour. L'air est étouffant, nous suffocons, il fait 35/40 degrés, 95% d'humidité dans l'air. La traversée restera dans les annales et les lombaires : 2 moteurs de 200 chevaux chacun nous propulsent à une vitesse supersonique sur la mer de Chine du sud; au volant un maffioso moustachu pas commode et définitivement débile broie méticuleusement les vertèbres de ses 15 passagers occidentaux et locaux. Arrêtés en pleine mer par la police maritime, un rapide bakchich mafieux dénoue une situation théâtrale et grotesque.

Nous débarquons à KECIL, sanctuaire du routard amateur de plongée. Une plongée sans masque ni bouteille dans un univers humide et pathétique, une véritable caricature du trou à backpackers occidentaux. Sur une plage pourave (Long Beach!), des restos et des bungalows se succèdent, les ordures sont méticuleusement entreposées entre chaque établissement. La mafia locale règne : les logements insalubres et non climatisés, puants et bouffés par la vermine locale sont proposés à des tarifs astronomiques, les taxis-bateaux raquettent allègrement les routards en quête de mobilité.
Les routards de Kecil ? De sombres débiles souriants, qui acceptent d'être traités comme des merdes car ça fait ''routard'', c'est cool. ''Ici, c'est autre chose que la Thailande, c'est authentique; et la plongée c'est pas cher...''. Authentiquement débile, le routard moyen des Perhentian; et en plus, il en redemande.
Je me tape tous les logements de la décharge : rien d'habitable. On change de plage pour Coral Bay : acceptable, nous y passons la nuit.

Des malaisiens mafieux et désagréables, des touristes crétins; une seule personne est heureuse ici : le Chinois. Un large sourire, un ton posé, un regard malicieux : le Chinois m'accueille dans sa boutique.
''Hello, you want some beer, don't you ?''
''How do you know ?''
''I can smell it.'' 
Au premier regard, le Chinois a su. J'étais découvert... et heureux : dans cette partie du pays, la bière n'est pas vraiment en vente libre. Seul le Chinois fournit cette dangereuse dope. Et il est certainement riche, à 2 euros la cannette. Il vide quotidiennement un frigo grand comme un terrain de foot. Je lui dis :
'' T'as un bon boulot ici, non ?'' Son visage s'illumine.
''Oh oui ! Allez, ne sois pas jaloux... Et à demain !'' Pas con, le Chinois.

Pas d'alcool, pas d'ambiance, pas d'air. La voilure est mise. Et pourtant le vent ne souffle pas.

Le lendemain, nous partons pour Big Island, supposément plus confortable. Pas de routards soit, mais même ennui. Et pas de Chinois. Triste paradis.

Nous quittons les îles, retour sur le continent, direction le sud. Nous devons, pour des raisons logistiques, passer une nuit à Kuala Terrenganu, la Dallas locale. Ici, les rois du pétrole font la loi, quelques momies sombres font du shopping. Le soir, ils sortent tous en famille pour déguster une Super Supreme au Pizza Hut.

MALACCA

Nous déboulons à Malacca, plein d'espoir : la légendaire Malacca, cosmopolite, au riche passé, nous attend. Son quartier historique chinois est agréable, le seul vraiment digne d'intérêt. Population 100% chinoise, souriante, charmante, curieuse. Nous habitons chez un chinois, nous bouffons chinois ( à la sauce épicée malaccaise), nous buvons chinois, nous parlons chinois (non, je rigole...).

Le soir en fin de semaine, le marché de nuit bat son plein : des milliers de chinois investissent...les rues (et c'est tout, pour une fois). Un karaoke en plein air attire des centaines de personnes, des cours de danse s'improvisent çà et là, de la bouffe partout. Quel spectacle ! Quelle vie ! Enfin de la vie en Malaisie !

Et les natifs ? Ils sont où, les malaisiens ? Nous partons à leur recherche. Hors du quartier chinois, les rues sont vides, la chaleur est étouffante. Au loin, nous apercevons l'oasis : le Shopping Mall flambant neuf de Malacca. Toute la ville est dans ses murs, les jeunes et les vieux, les mini-jupes et les momies. La clim' nous aide à survivre, nous passons des heures à épier, à étudier. Nous ne comprenons pas. Parfois, une paire d'yeux ou une paire de lunettes nous dévisage. Je pense à l'Homme Invisible. Je revendique mon a-culture religieuse.
Pour faire bonne figure, nous dévorons une Super Supreme au Pizza Hut, puis direction Kenny Rogers Roasters, une chaîne de poulets rotis montée par une star US de la country.

CAMERON HIGHLANDS

Marre de la chaleur. Direction les Highlands, au centre du pays : à 1500m d'altitude, la température tombe à 23/24 degrés.
Paradis supposé du trekker amateur de jungle, les CH ont en réalité pour seul intérêt leur relative fraîcheur. La jungle ? Une décharge forestière, des rivières puantes, une faune spécifique qui a fui le plastique et le béton.
Mais je suis injuste; j'oublie l'essentiel : le menu Tandorii Chicken du resto indien est un délice et vaut à lui seul le détour.

Que serait la Malaisie sans les chinois ni les indiens ?

KUALA LUMPUR

Marre des bouseux. Direction la ville et ses folles nuits.
Ici, comme ailleurs, plusieurs mondes se cotoient : les chinois, les indiens, les mini-jupes, les momies enturbannées, les expatriés. Tous ces beaux mondes se retrouvent... dans les Shopping Malls.
Des dizaines de malls climatisés, plus grands et modernes les uns que les autres, partout : ils sont la ville, ils sont le sanctuaire de ses habitants aliénés.
Dans les rues, c'est l'absence de boutiques qui frappe : pas de vie de quartier ni de rue commercante; seuls se succèdent des restos ou bars locaux, qui essaient d'attirer les rares passants qui n'ont pas encore ingurgité la world bouffe climatisée des Starbuck et Kenny Rogers. Mieux vaut d'ailleurs éviter d'explorer l'arrière-cour de ces restos locaux, derniers survivants d'une ère révolue : de vraies décharges puantes.

Alors ? Que faire ? Eh bien... une fois de plus, nous avons fait comme eux.
Tout d'abord, nous avons communiqué : nous avons rendu visite à Motorola, Samsung, Sony, Toshiba, etc... Puis, festoyé : Pizza Hut (Super Supreme). Enfin, après-midi culturel : choix entre cinémas malls ou DVD pirates débiles.

Le soir ? Plutôt mou. Seule la rue des restos chinois mérite qu'on s'y arrête, même si l'odeur des durians est difficile à supporter. L'alternative ? : des pubs aux prix scandinaves, dans lesquels le mâle expatrié, au solide budget, vient taquiner la femelle locale. Grandiose.

Alors, 2 semaines de plus ? Pourquoi pas ? Penang et Langkawi nous tendent leurs bars.
Non merci.
Direction Angkor.


 

 

Publié dans MALAISIE

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